Lomé s’apprête à franchir un cap décisif dans le secteur aéronautique. Les compagnies Asky Airlines et Ethiopian Airlines vont créer un centre de maintenance aéronautique (MRO) dans la capitale togolaise d’ici 2028. Le projet, en cours de finalisation, représente un investissement de 100 millions de dollars. L’objectif est d’entretenir les appareils d’Asky, d’Ethiopian et d’autres compagnies aériennes sans avoir à les envoyer en Europe, ce qui réduira considérablement les coûts et les délais.
MRO signifie Maintenance, Repair and Overhaul (Maintenance, Réparation et Révision). C’est une structure spécialisée dans l’entretien et la remise en état des aéronefs. Le futur centre de Lomé interviendra sur les avions, moteurs, trains d’atterrissage, équipements électroniques, cabines et composants. Les activités iront de l’entretien courant à la remise à neuf complète d’un appareil ou d’un moteur. Une gamme de services complète qui fera de Lomé un pôle technique de référence en Afrique de l’Ouest.
Ce projet de construction de centre de maintenance aéronautique est stratégique car aujourd’hui, les compagnies aériennes africaines doivent envoyer leurs avions en Europe ou au Moyen-Orient pour les opérations de maintenance lourde. Cela entraîne des coûts élevés, des délais longs et une dépendance vis-à-vis des centres étrangers. Avec ce centre MRO à Lomé, Asky et Ethiopian pourront entretenir leurs appareils sur place, réduisant considérablement les coûts et les temps d’immobilisation. Le centre pourra également accueillir des avions d’autres compagnies africaines, générant des revenus supplémentaires. Ce projet s’inscrit dans la stratégie d’expansion d’Asky, compagnie panafricaine basée à Lomé. Il renforce également la position du Togo comme hub aéronautique régional.
Ce futur centre MRO vient renforcer un écosystème déjà en construction à Lomé. Dans quelques mois, Asky doit mettre en service un simulateur de vol pour Boeing 737 MAX, une première en Afrique de l’Ouest. L’infrastructure, entièrement financée sur fonds propres, permettra à la compagnie de former et de qualifier ses pilotes localement, sans avoir à les envoyer à l’étranger. Deux projets, une même ambition : transformer progressivement l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma de Lomé en véritable pôle technique de l’aviation ouest-africaine, entre formation des pilotes et maintenance des appareils.
Pour le Togo, ce projet représente plusieurs avantages : création d’emplois, transfert de compétences, attractivité économique, recettes en devises et développement des infrastructures. À terme, Lomé pourrait devenir une destination incontournable pour la maintenance des avions en Afrique de l’Ouest, attirant des compagnies de toute la sous-région.
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