Le Togo a adopté une nouvelle Constitution en mars 2024, qui marque le passage à la Ve République et instaure le régime parlementaire. Cependant, cette réforme a été contestée par l’opposition et la société civile, qui la considèrent comme une manœuvre pour perpétuer la dynastie Gnassingbé.

La nouvelle Constitution a transféré le pouvoir exécutif au président du Conseil, qui est issu de la majorité parlementaire. Le président de la République n’est plus élu au suffrage universel direct, mais par les députés réunis en congrès. Son mandat est fixé à quatre ans, non renouvelable.

L’opposition a accusé le pouvoir de vouloir conforter sa position en perpétuant la dynastie Gnassingbé. Faure Gnassingbé, ancien président de la République, est désormais président du Conseil, ce qui lui permet de conserver le pouvoir.

La réforme a également été critiquée pour avoir restreint l’espace politique et institutionnel. Les partis d’opposition ont perdu du terrain depuis leur boycott des élections législatives de 2018. Les municipales de 2025 ont confirmé cette tendance, avec l’Unir, le parti de Faure Gnassingbé, qui a remporté 75 % des sièges.

Les organisations de la société civile sont également confrontées à des restrictions croissantes. Les activités de Novation internationale, une organisation de défense des droits humains, ont été empêchées en juillet et août 2025.

Les médias ne sont pas non plus épargnés. Le 6 juin 2025, Flore Monteau, correspondante de TV5 Monde à Lomé, a été interpellée alors qu’elle couvrait une manifestation contre le régime. Son matériel a été confisqué et elle a été contrainte de supprimer ses images.

La capacité de la société civile à faire vivre la contradiction est mise à rude épreuve. Le pluralisme politique ne se mesure pas seulement au nombre de partis politiques, mais à leur capacité réelle à concourir au pouvoir dans des conditions équitables.

La nouvelle Constitution a-t-elle créé les conditions d’une compétition politique plus équitable ou a-t-elle institutionnalisé un rapport de force déjà largement favorable au pouvoir ?

La question est rhétorique, un an après l’entrée en vigueur de la réforme.