[1] Le président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, est en visite officielle en Chine où il a exposé ses ambitions pour renforcer la place du Togo dans l’économie maritime et les échanges internationaux. [2] Le 11 octobre 2026, lors d’un entretien avec des médias chinois à Xiamen, il a défendu une stratégie visant à développer la sécurité maritime, l’économie bleue et les activités industrielles autour du port de Lomé. [3] L’objectif est de permettre au pays de tirer davantage de bénéfices économiques du passage des marchandises sur son territoire.
[4] Pour Faure Gnassingbé, le développement de l’économie maritime repose d’abord sur la sécurisation des espaces maritimes, particulièrement dans le golfe de Guinée. [5] Il a mis en avant trois priorités : préserver la liberté de navigation, lutter contre les trafics illicites et mieux protéger les eaux de la région. [6] Dans cette perspective, le dirigeant togolais considère que la Chine, en raison de son importance dans le commerce mondial, pourrait contribuer au renforcement des capacités maritimes des pays africains.
[7] La sécurité des routes maritimes constitue également un enjeu économique. [8] Au-delà de la sécurisation des eaux, le président du Conseil souhaite faire évoluer le modèle économique lié au port de Lomé. [9] Il s’agit plutôt de développer des activités capables de générer davantage de revenus, d’emplois et de compétences sur le territoire national.
[10] Pour y parvenir, plusieurs leviers sont envisagés, notamment l’implantation de zones industrielles, l’amélioration des services logistiques, la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et le renforcement des entreprises locales. [11] Le modèle chinois constitue, selon le dirigeant togolais, une source d’inspiration. [12] L’articulation entre les ports, les zones industrielles et les activités de production permettrait au Togo de mieux intégrer les chaînes de valeur et de tirer davantage profit des échanges commerciaux.
[13] Économie bleue : renforcer les compétences africaines. [14] La troisième priorité évoquée par Faure Gnassingbé concerne l’économie bleue, qui englobe les activités économiques liées aux océans et aux ressources marines. [15] Pour le président du Conseil, l’accès à ces ressources ne suffit pas.
[16] Les pays africains doivent également disposer des connaissances scientifiques, des technologies et des compétences nécessaires pour participer pleinement à la gestion des espaces maritimes. [17] La coopération avec la Chine pourrait ainsi favoriser la formation de spécialistes, le partage de données et le développement de la recherche scientifique dans le domaine marin. [18] Cette ambition prend notamment une dimension internationale avec l’Accord sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, connu sous le sigle BBNJ.
[19] Ce texte porte sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les espaces situés au-delà des juridictions nationales. [20] Xiamen, une candidate pour accueillir le secrétariat du BBNJ. [21] Interrogé sur la candidature de Xiamen pour accueillir le secrétariat de l’Accord BBNJ, Faure Gnassingbé a mis en avant les atouts de cette ville chinoise, notamment son expérience maritime, ses infrastructures portuaires et ses capacités de recherche.
[22] Toutefois, au-delà du choix du lieu d’implantation de cette structure, le dirigeant togolais insiste sur la nécessité de garantir une participation effective des pays en développement à la gouvernance internationale des océans. [23] Les écarts de capacités scientifiques et technologiques demeurent en effet un défi pour de nombreux États africains, notamment en matière de recherche océanographique et d’accès aux données. [24] Le renforcement des partenariats entre institutions chinoises et africaines pourrait contribuer à réduire ces disparités.
[25] Faure Gnassingbé plaide ainsi pour le développement de centres de recherche, le partage des connaissances scientifiques et une répartition équitable des bénéfices associés aux ressources génétiques marines.
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