Le Haut-Commissaire des Nations Unies appelle à l’action face à l’autoritarisme au Togo et aux dérives de l’impunité.

À l’heure où l’Afrique et la communauté internationale commémorent les jalons fondamentaux des droits de l’homme, l’état de situation au Togo est préoccupant. Les défenseurs des droits humains, les journalistes d’investigation et les organisations de la société civile exercent leurs missions au péril de leur vie et dans un climat de répression systémique.

Le Togo est un exemple troublant d’un régime autoritaire prospérant trop longtemps sur l’indulgence complaisante des diplomaties régionales et internationales, tout en défiant ouvertement les standards juridiques supranationaux auxquels il a souscrit.

La réalité quotidienne de la société civile togolaise et des acteurs de l’information est celle d’un permanent parcours d’obstacles, marqué par la peur et l’arbitraire. Les libertés publiques sont méthodiquement rognées, les manifestations pacifiques interdites, réprimées ou dispersées dans la violence par un appareil sécuritaire surarmé et décomplexé.

Les organisations non gouvernementales subissent des tracasseries administratives permanentes, des menaces de suspension et des intimidations destinées à paralyser toute velléité de contrôle citoyen de l’action publique.

Le journalisme d’investigation au Togo s’apparente à un exercice de haute voltige. Arrestations arbitraires, condamnations pécuniaires exorbitantes prononcées par des juridictions inféodées, retraits de récépissés de parution et contraintes à l’exil constituent l’arsenal ordinaire déployé pour réduire au silence les voix dissonantes.

Des figures de la presse et des activistes ont payé un lourd tribut pour avoir simplement exercé leur droit d’informer et de critiquer la gestion de l’État.

Qu’il s’agisse de revendications sociales légitimes ou de mobilisations politiques, toute tentative de structurer la contestation se heurte à une politique de terre brûlée institutionnelle, où l’impunité des forces de l’ordre est la règle et la protection des citoyens, l’exception.

Le traitement réservé par le régime togolais à l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO constitue un test décisif pour l’architecture institutionnelle de l’Afrique de l’Ouest. En cherchant à déprécier, à disqualifier et à ignorer une décision de justice supranationale, les autorités de Lomé confirment leur nature foncièrement liberticide et leur refus obstiné de se soumettre à la règle de droit.

Il est grand temps que la communauté internationale, l’Union Africaine et la CEDEAO sortent de leur léthargie complice. La défense des droits humains et des peuples au Togo ne saurait être monnayée sur l’autel de compromissions diplomatiques d’un autre âge.