Le 22 septembre 2026, la HARC, autorité de régulation togolaise des médias et des réseaux sociaux, a rassemblé des blogueurs, influenceurs, TikTokers, YouTubers et créateurs de contenu pour établir un partenariat durable avec eux. L’objectif était de réguler les réseaux sociaux togolais de manière durable. Pour la première fois, l’ensemble des acteurs des réseaux sociaux du Togo était réuni.

La HARC a étendu son champ d’action depuis l’adoption de la Constitution de mai 2024. Elle a désormais pour mission de réguler les médias classiques (radios, télévisions, presse écrite) mais également les réseaux sociaux et les plateformes numériques.

La HARC a souligné que les réseaux sociaux occupaient une place importante dans notre quotidien et étaient devenus des espaces d’expression libre, de débats publics, d’information et de mobilisation citoyenne. Cependant, ce même espace peut également être le lieu de diffusion de fausses informations, de manipulation de l’opinion publique, d’atteinte à la dignité des citoyens, de diffusion de messages de haine ou encore de propagation de contenus susceptibles d’éroder la confiance des citoyens dans les institutions.

La directrice des Affaires juridiques et du Contentieux de la HARC, N’do Pabozi, a souligné que les créateurs de contenu n’étaient pas des journalistes mais faisaient partie des acteurs de la communication et de la communication de masse. Par leurs commentaires, leurs vidéos et leurs publications, ils informaient, éduquaient, sensibilisaient, et forçaient l’opinion.

La HARC a clairement énoncé ses attentes envers les acteurs des réseaux sociaux. Les contenus doivent répondre à plusieurs principes fondamentaux : respect de la dignité de la personne humaine, protection de l’enfance et de l’adolescence, respect de la délicatesse de la femme, sauvegarde de la paix, de l’ordre public et de l’unité nationale, respect de la diversité des opinions, sauvegarde de la santé, de l’environnement et des mœurs, respect de la vie privée et des données à caractère personnel, et préservation des valeurs culturelles nationales.

La HARC prévoit plusieurs actions à venir : des séances régulières de formation, d’information et de sensibilisation, ainsi que l’élaboration d’un code de bonnes pratiques, sur le modèle du code de déontologie adopté avec les journalistes des médias classiques.

Les créateurs de contenu présents ont pu poser leurs questions et exprimer leurs préoccupations. Pour les influenceurs, blogueurs et TikTokers togolais, plusieurs questions restent en suspens : comment la HARC compte-t-elle concrètement réguler des milliers de contenus publiés chaque jour ? Quel sera le sort des créateurs basés à l’étranger mais ciblant le public togolais ? Comment la régulation s’articulera-t-elle avec les politiques des plateformes internationales comme Facebook, TikTok ou YouTube ?