Revient sur l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO qui a qualifié le changement de Constitution togolaise de mars 2024 de « changement inconstitutionnel de gouvernement ». [2] Selon l’auteur, cette décision inédite rebat les cartes du rapport de force entre le pouvoir de Lomé et une opposition désormais unie autour d’un mémorandum commun.
[3] Cette décision judiciaire constitue désormais une jurisprudence pour toute l’Afrique. [4] Depuis 2024, le régime dynastique incarné aujourd’hui par Faure Gnassingbé a une longévité qui en fait la plus vieille dictature d’Afrique.
[5] Après 20 ans à la tête de l’Etat, il a opéré un changement de Constitution qui lui permet de conserver indéfiniment un pouvoir absolu, sans besoin de se présenter à une élection. [6] Cette décision jugée illégale a été contestée par les organisations de la société civile et les partis politiques qui ont cosigné un mémorandum traçant la voie pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
[7] Cette décision judiciaire a également interpellé certaines universités occidentales. [8] En juin 2026, une professeure de l’Université Catholique de Louvain (Belgique), Anne-Sophie Gijs, a donné aux étudiants en Master de relation internationale, un sujet d’examen visant à analyser le changement de Constitution au Togo en mars 2024.
[9] Les déclarations tapageuses du régime togolais prétendant que la Cour a outrepassé ses droits, n’enlèvent rien à l’autorité de la chose jugée, l’arrêt étant sans recours et donc exécutoire. [10] L’Etat togolais a l’obligation de respecter cet arrêt, surtout qu’il a refusé de se présenter devant les juges.
[11] Seule une approche, à la fois novatrice et courageuse, permettra de rétablir pacifiquement l’ordre constitutionnel. [12] Toutes les singularités de ce régime ont interpellé certaines universités occidentales.
[13] La situation qu’affronte actuellement le pouvoir de Lomé est inédite.
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