Nous avons pris connaissance de votre contribution, cher camarade du Burkina Faso. Nous considérons que votre observation est juste. Notre article ne soutenait pas l’idée que Robert Dussey aurait été le père de l’initiative aboutissant à la résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 4 septembre 2026.

Au contraire, le titre de notre article, « Alors, Robert Dussey connaissait-il Arno Peters et Sindika Dokolo ? Indique clairement notre objectif : replacer l’initiative togolaise dans une histoire intellectuelle, cartographique et militante qui l’antédate largement. Il est vrai que nous avons pu sous-estimer le rôle joué par l’Union africaine dans la campagne.

Nous avons reconnu que la campagne a été portée par Africa No Filter et Speak Up Africa, et que l’Union africaine avait apporté son soutien public à la campagne en août 2025, avant l’intervention de Robert Dussey à l’ONU en septembre 2025. Nous avons donc raison de vous remercier pour votre observation, qui nous a permis de faire plus de lumière sur ce point. En effet, il est important de distinguer trois choses : l’idée, la campagne et l’initiative diplomatique.

Arno Peters n’a pas attendu Robert Dussey pour dénoncer les effets de certaines représentations cartographiques du monde. Sindika Dokolo avait lui aussi inscrit la question de la représentation de l’Afrique dans une réflexion beaucoup plus large sur la décolonisation du regard. Et, beaucoup plus directement encore, Africa No Filter et Speak Up Africa ont lancé et structuré la campagne contemporaine « Correct the Map »

Bien avant que le Togo ne la porte devant les Nations unies. Chacun a sa place dans l’histoire. À chacun son mérite.

Mais le rôle diplomatique du Togo existe également. En septembre 2025, Robert Dussey a porté publiquement la question devant l’Assemblée générale des Nations unies. Le Togo a ensuite participé au neuvième Congrès panafricain de Lomé, qui a inscrit dans sa déclaration la nécessité de porter officiellement cette revendication devant les Nations unies.

Portée par le Togo, et a félicité explicitement le pays pour son engagement. Enfin, le Togo a porté le projet de résolution devant l’Assemblée générale au nom du Groupe africain. Le 4 septembre 2026, le résultat tombe : 164 voix pour.

Nous savons parfaitement l’usage politique et communicationnel que les autorités togolaises pourront faire de cette victoire internationale. Cela ne doit cependant pas nous conduire à nier les difficultés vécues à l’intérieur du Togo : pauvreté, précarité, chômage, insuffisance des services publics et frustrations politiques et sociales demeurent des réalités auxquelles une victoire diplomatique à New York ne saurait, à elle seule, apporter de réponse. On peut donc reconnaître une réussite diplomatique du Togo sans délivrer un satisfecit à sa gouvernance intérieure.

C’est même cela, à nos yeux, l’objectivité.